Et si votre timidité était en fait de la phobie sociale ?

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anxiété et phobie sociale- trac-timidité - anxiété socialeLa petite est invitée à un anniversaire.

Je vais devoir l’emmener.

Rencontrer des gens que je ne connais pas. Il va falloir que je leur parle.

Ça m’emballe pas.

Mais je peux pas dire à ma fille qu’elle peut pas aller chez sa copine. Elle sait que je suis dispo ce jour là. Pas de justification possible autre que la réalité. Ça me fait flipper. Rien qu’en y pensant je me sens mal.

Timidité ?

Peut-être.

Mais à ce point là c’est inquiétant. Surtout que cela ne devrait pas durer longtemps. Juste le temps de la déposer et de la récupérer quelques heures plus tard.

Oui mais si les parents m’invitent à entrer ?

Et s’il voulait m’offrir un café ?

Difficile de refuser. Je ne veux pas passer pour un ours mal léché.

Mais il vont vite s’apercevoir que je n’ais rien d’intéressant. Surement très rapidement comprendre que suis nul.

Forcément ils vont juger. Ils vont vite regretter leur choix. La conversation n’est pas mon fort. Je vais encore passer pour un crétin.

Pourvu que ça ne rejaillisse pas sur ma fille.

La journée va pas être facile. Dépasser cette peur de la rencontre. Cette peur de l’autre que l’on ne connais même pas.

Phobie sociale. C’est plus que de la simple timidité. C’est plus intense. C’est encore plus ravageur.

Timidité et Phobie sociale : des mots différents pour des maux assez proche.

En apparence, être timide ou souffrir de phobie sociale c’est pareil. On met facilement dans le même sac les timides, les personnalités évitantes, « les phobiques sociaux ». Il est vrai qu’au premier abord, la différence est difficile à voir. Les trois catégories ont un problème avec la peur de l’autre. Mais la peur est différente. La souffrance aussi. même si elle est présente dans tous les cas. On ne souffre pas pour les mêmes choses.

Ces trois formes de peurs sont de l’anxiété sociale. On peut même y rajouter le trac qui lui aussi est une peur de l’autre. Mais les proportions du trouble sont différentes. La gène quotidienne aussi.

Mais alors comment faire la différence ?

En fait c’est plutôt simple.

Encore faut il chercher à comprendre. Ne pas simplement se dire qu’on est juste un grand timide ou quelqu’un de très réservé.

L’anxiété sociale c’est avant tout une sensation de malaise que l’on ressent face à l’autre.

Une des premières différence que l’on peut faire c’est distinguer ce qui est pathologique de ce qui est « normal ». Normal dans le sens  » qui ne provoque pas une gêne quasi permanente.

La plupart des gens ont connu ou connaîtront un épisode de trac. C’est un trouble courant. Il peut être très gênant mais reste ponctuel. Il est lié à une situation. On peut lutter assez facilement même si l’intensité peut parfois nous faire perdre tous nos moyens. Notre cerveau semble bloqué, nos jambes ne nous portent plus. Avoir trop le trac peut être handicapant. Mais ce n’est pas un trouble mental.

 

phobie sociale et anxiété sociale - la peur des autres

 

La timidité touche aussi pas mal de monde.

Elle a différente forme. Le mot timidité est employé pour parler de réalités diverses. C’est souvent le mot que l’on utilise dans tous les cas de malaise face à l’autre. La timidité n’est pas non plus classée dans les troubles mentaux. Pourtant la gène est souvent difficile à vivre. Il s’agit avant tout de se tenir en retrait dans une situation inconnue. Eviter de ce mettre en avant. Pourtant on voudrait bien échanger avec les autres.

Les timides appréhendent avant tout les nouvelles rencontres. Les inconnus font peur. Le sexe opposé aussi. être dans un groupe est difficile.

Ce qui fait le plus peur c’est surtout la première fois. Au fur et à mesure la timidité s’éloigne. Totalement effacé lors de la première rencontre on finit par s’adapter lorsque que l’on connait les gens. Cela prend plus ou moins de temps. Il faut parfois pas mal de rencontre de la même personne avant que la timidité ne s’éloigne et que l’on puisse s’ouvrir à l’autre.

Au bout d’un moment on s’adapte. Et puis on n’est pas non plus en panique. On a peur. Mais en général cette peur ne provoque pas de crise violente. Adaptation possible et intensité de la peur relativement faible. C’est ce qui caractérise un timide et fait que l’on ne considère pas la timidité comme une maladie.

Alors certes la timidité n’est pas une maladie. Mais elle peut quand même faire souffrir. La peur d’être ignoré, la faible estime de soi et le retrait permanent peuvent entraîner une sorte de « transparence ».On est là mais comme on s’efface au maximum, les autres finissent par ne pas nous voir. Déçu par ces rencontres ratées, la solitude peut alors s’installer.

Personnalité évitante : un vrai trouble pathologique.

Ici l’on rentre dans la catégorie des troubles mentaux. La différence entre timidité et personnalité évitante peut paraître mince. Pourtant elle existe.

La gène ressentie lors des contacts sociaux est bien plus importantes. Là ou le timide a peur d’être ignorant, l’évitant a peur d’être jugé. Dévalorisé.

Alors que la timidité n’empêche pas d’avoir des amis après un temps d’adaptation, cela est beaucoup plus rare pour une personnalité évitante.

Peur de rougir, peur de montrer ces émotions, peur des critiques.

Les relations sociales sont limités. Peu de personnes dans l’entourage. Un contrôle quasi permanent pour ne pas connaitre de situation difficile.

Lorsque l’on est une personnalité évitante, on est souvent un maître du refus d’invitation. On excelle également dans l’art des justifications. Tout peu devenir prétexte à l’évitement. Des prétextes et des justifications qui évitent tout simplement de dire « j’ai peur ».

 

phobie sociale le risque de la solitude - trac anxiété sociale

 

Phobie sociale : Une peur intense proche de la panique.

C’est fréquent. L’attaque de panique en réaction à la peur de l’autre. Pour ceux qui souffrent de phobies sociales la gène est d’une intensité bien supérieure. Comme pour toutes les phobies, on peut vite entrer dans un état panique qui semble incontrôlable.

Tous les moyens sont bons pour éviter les contacts. La peur permanente d’être humilié par les autres entraîne un refus quasi systématique des relations sociales.

La conscience de l’excessivité  des réactions, de l’irrationalité de la peur n’est pas faite pour arranger les choses. Tout est difficile.

Croiser le facteur fait aussi peur qu’un incendie qui ravage une maison. Sortir de chez soi et rencontrer quelqu’un devient une souffrance monumentale.

Froideur apparente, agressivité, créer des repoussoirs pour les autres est une un activité quotidienne pour les personnes souffrant de phobies sociales.

Vivre avec l’impression omniprésente que les autres nous observent et nos jugent en est une autre.

La phobie sociale qui mène facilement vers la dépression. L’alcoolisme est une conséquence de la phobie sociale dans environ 30% .

La consommation de tabac ou de drogues est également fréquente.

Anxiété ou phobie sociale : un problème d’estime de soi.

Que ce soit pour la phobie sociale ou d’autre formes d’anxiété sociale il y a un constat évident dans la majeure partie des cas.

Que l’ on est le trac, que l’on soit timide, atteint de phobie sociale ou souffrant d’une personnalité évitante on avant tout peur de ne pas réussir à donner à l’autre une bonne impression de soi.

S’imaginer à travers le regard des autres. Penser que les autres auront forcément une image négative de nous.

Un cinéma permanent ou l’on se regarde soi-même ridicule au milieu des autres.

Si toutes les formes de l’anxiété sociale ne sont pas des maladies au sens médical, elles sont toutes invalidantes. Certes les niveaux sont diffrérents mais la souffrance reste réelle.

Pour tenter de s’en défaire, travailler sur ses émotions et sur  l’estime de soi est indispensable.

 

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